La place de la République à Strasbourg

Place de la République - Strasbourg

Place de la République
La place de l’Empereur...

L’actuelle Place de la République est le témoin de ce qu’était la place de l’Empereur au temps de l’annexion allemande après 1871.
Cette Place impériale était le noyau autour duquel s’organisait la « Neustadt » un nouveau quartier qui combinait deux ensembles de bâtiments : l'un réservé à l'habitat collectif et individuel, l'autre monumental, réservé aux institutions politiques, administratives et culturelles de la métropole régionale.
Ce rôle de capitale du territoire allemand d'Alsace-Lorraine s'exprime surtout dans les bâtiments d'apparat groupés autour de la Place de la République :

A l’ouest, le Palais impérial (1883-1888) accueille l'empereur lors de ses visites dans la région. Il abrite aujourd’hui la Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Alsace.

Palais impérial
A l’est, d'un côté la Bibliothèque Universitaire et de l'autre, le Parlement du Reichsland d’Alsace-Lorraine constituent un face à face du pouvoir impérial et de l'élite intellectuelle et politique.
Façade de la Bibliothèque Nationale et Universitaire
Façade du Parlement d’Alsace-Lorraine
Au nord, les deux bâtiments de style néo-baroque sont construits vers 1911 et accueillent aujourd’hui la Trésorerie Générale et la Préfecture d’Alsace.
Extérieur, salle de bal sur jardin
...au cœur de la Ville Nouvelle

La Neustadt, correspond à ce nouveau quartier autour de la place de l’Empereur, construit par les Allemands après l’annexion de 1870.
L’architecture est le moyen d’expression privilégié de la propagande impériale et transforme la ville en vitrine de l’Empire Allemand.
Deux architectes orchestrent la construction de ce nouveau quartier allemand, le berlinois August Orth et l’architecte municipal strasbourgeois : Geoffroy Conrath.
La ville va tripler sa surface et se doter d'une quarantaine de nouveaux bâtiments officiels, tant civils que militaires, dont les styles architecturaux oscillent entre classicisme et historicisme : Gare, Poste, Université, Tribunal, Parlement, Ministères... Cependant, la population locale va rejeter cette architecture surchargée, dédaignée pour son caractère germanique.
Plan de la Ville Nouvelle
Une Alsace germanique à reconstruire

Après l’annexion, plus de 59 000 Alsaciens et Lorrains se réfugient en France, ce qui incite les autorités allemandes à tout mettre en œuvre pour montrer la richesse et la puissance germanique aux nouveaux citoyens du Reichsland et aux voyageurs venus visiter les « provinces perdues ».
Au cœur de Strasbourg, ce nouveau quartier devient le centre politique et administratif d’où rayonnent de larges avenues : celle de l'Empereur Frédéric (actuelle avenue de la Paix) ouvrant vers la Cathédrale, et celle de l'Empereur Guillaume (actuelle avenue de la Liberté) menant à l'Université.
Symboliquement placé face au Palais Impérial, le « bâtiment des collèges », (actuel Palais Universitaire) est inspiré de la Renaissance italienne et sert de fronton symbolique au nouveau quartier universitaire.
Façade néo-classique du Palais Universitaire
Un Palais digne de l’Empereur

Guillaume Ier désirait avoir à Strasbourg une résidence digne de l’Empire et réservée à son usage exclusif. L’architecte Hermann Eggert est choisi, il est aussi l’auteur du complexe Universitaire, de l'Observatoire de Strasbourg et de l'Institut de Botanique.
La première pierre du « Kaiserpalast » est posée le 22 mars 1884 : jour du 87ème anniversaire de l’Empereur.
Salle des fête du Palais impérial
Le style architectural se caractérise par un imposant décor sculpté aux inspirations multiples : éléments de décoration antiquisants, emprunts Renaissance, figures baroques et intérieurs rococo.

www.otstrasbourg.fr

Aigle impérial, symbole du Reich
Ancien palais impérial
Avant-corps de la façade
Place de la république
Balcon de l’avant-corps
Place de la république