Le Mur Païen

67530 Ottrott

Mur païen
Une enceinte cyclopéenne sur la montagne

Surplombant la Plaine d'Alsace, Barr et Ottrott, à proximité du Mont Sainte-Odile, une troublante série d'enceintes cloisonne la partie supérieure de la montagne. Totalisant 10,1 km de longueur englobant une surface de 118 ha et parcourant pas moins de trois massifs montagneux, les vestiges conservés de cet ouvrage cyclopéen, atteignent parfois 3 m de haut, pour une largeur moyenne de 1,80 m et s'accommodent d'un dénivelé de près de 200 m. La construction est solide, il y a eu quelques effondrements mais la majorité des dégradations, entre le 12ème et le 14ème siècle, a été causée par les hommes ayant pillé les blocs pour construire les châteaux forts des environs.

Mur païen
A quoi servait ce mur ?

L'énormité de la structure fait couler beaucoup d'encre. Depuis près de deux siècles, le mur intrigue et alimente des légendes et des hypothèses parfois farfelues. Si les uns lui confèrent une fonction rituelle, les autres privilégient le rôle défensive. C'est le pape Léon IX qui l'a baptisé « mur païen » car il daterait de l'époque préchrétienne. Nombre d'archéologues ont voulu dater l'origine des constructions et l'hypothèse la plus courante la situe à la fin de l'Empire Romain, à la fin du 5ème siècle, mais rien ne permet de proposer datation exacte.

L'enquête archéologique avance...

Dernièrement, le service de l'archéologie de la Direction des Affaires Culturelles d'Alsace a mis la main sur un lot de tenons provenant du mur païen. Utilisés pour assembler les gros blocs de pierre, les tenons sont des pièces en bois dont l'extrémité en queue d'aronde, vient s'ajuster dans une mortaise qui est l'encoche taillée dans le bloc voisin. Ce principe d'assemblage à tenons et mortaises fait office de mortier. Pour les chercheurs, ces pièces en bois ouvrent de nouvelles possibilités de datation par la dendrochronologie : l'étude des cernes de croissance des arbres. Les analyses ont révélé que les tenons en bois de chêne sont issus d'arbres âgés ayant permis une série de datation absolue couvrant la fin du 7ème siècle et le début du 8ème siècle. Il s'agit du Haut Moyen Âge : une période qui correspond à la construction du monastère du Mont Sainte-Odile. Cette découverte est une avancée dans la connaissance de la chronologie du mur mais elle ne permet pas d'en dater l'ensemble. Une telle construction n'a pas été réalisée d'un seul jet, elle a subi de nombreuses réfections et la datation par dendrochronologie correspond peut-être à une phase de restauration du mur. Les spécialistes doivent relever un nouveau défi pour valider leurs hypothèses: confronter leurs découvertes archéologiques aux connaissances historiques afin de préciser de manière définitive l'époque de construction de cet ouvrage dont la fonction reste encore à déterminer.

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Mont St Odile