Le Château du Haut-Koenigsbourg

Rue du Château - 67600 Orschwiller

Vue du château sur la montagne
Un chantier moderne

1899, voilà plus de 20 ans que l'Alsace est annexée quand la ville de Sélestat décide d'offrir la ruine du Haut-Koenigsbourg à l'empereur d'Allemagne Guillaume II.

Prodigieux cadeau pour ce féru du Moyen âge qui décide de le restaurer et d'y faire renaître la Hohkoenigsburg du 15ème siècle. Reconstruire un château-fort perché à 800m d'altitude n'est pas une mince affaire et l'empereur emploie les grands moyens : une armée d'ouvriers, les techniques modernes du début du 20ème siècle et un ambitieux architecte berlinois, passionné d'histoire médiévale... Une voie de chemin de fer est spécialement mise en place pour acheminer par locomotive, les blocs de pierre nécessaires au chantier. Des grues mécaniques montées sur rails et l'installation du courant électrique sont les clefs de ce chantier à la pointe du progrès qui n'a duré que 8 années, entre 1900 et 1908.
Chantier Donjon depuis l'entrée
Chantier Grue du donjon
Carriers, tailleurs de pierre, maçons, machinistes, charpentiers, forgerons, ce sont près de 200 ouvriers qui travaillent à la réalisation de l'incroyable rêve de Guillaume II.

Souvent recrutés dans les villages voisins du château : Orschwiller, Châtenois ou Thannenkirch, les hommes viennent à pied tous les matins, ils sont payés à l'heure et font des journées de dix heures avec un jour de repos hebdomadaire. C'est encore la modernité de ce chantier qui fait bénéficier les ouvriers d'une caisse de retraite, d'une assurance maladie et d'une rente aux infirmes et aux veuves, provenant des recettes des visites du château en travaux qui connaît une grande affluence.

Charpentiers du chantier
L'architecte impérial

Le jeune architecte Bodo Ebhardt, choisi par Guillaume II pour diriger le chantier est un spécialiste des châteaux forts. Son projet de restauration révèle encore une certaine modernité par l'analyse consciencieuse de l'existant qui précède le début des travaux. Pendant près d'un an, l'architecte se fait archéologue et étudie scrupuleusement le site : il photographie les ruines encore en place, il collecte les vestiges, fouille le sol et, en bon historien, il compare ses découvertes avec d'autres édifices de la même époque. Il cherche vraisemblablement à reconstituer le château du 15ème siècle et va jusqu'à marquer les parties restaurées par des signes gravés dans la pierre qui permettront aux générations futures de distinguer l'ancien du neuf.
Chantier du moulin
Malgré un travail acharné, le jeune Bodo Ebhardt est vilipendé : on lui reproche tout et n'importe quoi à mesure que son chantier avance et que s'élève l'impérial château dominant la plaine alsacienne. Pour ses détracteurs, le problème ne résidait pas dans la restauration du monument mais dans la construction au cœur de l'Alsace, d'un gigantesque symbole de l'enracinement germanique de la région.
Chantier Logis
Le Haut-Koenigsbourg marque symboliquement la frontière Ouest de l'empire et place Guillaume II de Hohenzollern dans la lignée de ses illustres prédécesseurs et propriétaires des lieux : les anciennes dynasties germaniques : Hohenstaufen et Habsbourg. Depuis son inauguration le 13 mai 1908, le monument ne désemplit pas et a dignement fêté le centenaire de sa restauration en 2008.

www.haut-koenigsbourg.fr

Entrée avec blasons des grandes dynasties
Haut-Koenigsbourg aérien