L'Aubette à Strasbourg

31 Place Kleber - Strasbourg

Aubette Ciné-bal
Le lieu branché des Années folles

Le ciné-dancing de l'Aubette : un multiplexe des Années folles où l'on venait danser, assister à des concerts et visionner les actualités au milieu d'un décor avant-gardiste composé de rectangles bleus et jaunes et de diagonales rouges...

En 1928, les frères Horn offrent aux Strasbourgeois le « must » du divertissement dans l'ancien bâtiment militaire de l'Aubette, ils aménagent un complexe de loisirs exceptionnel : ciné-dancing, salle des fêtes, foyer-bar au 1er étage, café-brasserie, restaurant, aubette bar au RDC, caveau-dancing au sous-sol et salle de billard à l'entresol : rien que cela !

Trois artistes avant-gardistes sont chargés du décor : le peintre et architecte hollandais Theo van Doesburg, le sculpteur strasbourgeois Hans Arp et son épouse Sophie Taeuber-Arp, transforment les intérieurs de l'Aubette en une « chapelle Sixtine de l'art abstrait » comme l'appelait Hans Haug, le conservateur des Musées de Strasbourg de ce début du 20ème siècle.

Aubette Ciné-dancing
Diagonales VS orthogonales

Sur les murs et les plafonds du Ciné-dancing, Van Doesburg compose une grille oblique de carrés, rectangles et triangles colorés : le spectateur est au cœur d'une abstraction géométrique, il est propulsé dans un tableau abstrait à l'échelle d'une architecture.

À Strasbourg, l'artiste hollandais réalise son utopie d'art total et l'expression la plus aboutie de l'abstraction géométrique, une esthétique nouvelle qu'il a développée avec son ami Piet Mondrian co-fondateur du mouvement De Stijl en 1917.

Mais l'Aubette sera victime de sa modernité, et dès les premières années d'ouverture, les Strasbourgeois n'arrivent pas à se faire à ces décors d'un genre nouveau et les compositions des trois artistes, seront recouvertes et dégradées jusqu'en 1938.

Aujourd'hui, le ciné-dancing, la salle des fêtes, le foyer-bar et l'escalier ont fait l'objet d'une campagne de restauration entre 1994 et 2006 et la Ville de Strasbourg reconnait à cette œuvre toute sa valeur inédite et patrimoniale.

Aubette Salle des fêtes
Une œuvre d'art totale unique en Europe

Van Doesburg, Arp et Taeuber-Arp signent avec l'Aubette une Gesamtkunstwerk : une œuvre d'art totale qui était à l'époque et reste aujourd''hui, unique en Europe.
Theo van Doesburg crée l'architecture d'intérieur, les décors, la signalétique, le luminaire et le mobilier de l'Aubette.
Dans son manifeste, il explique son concept « d'élémentarisme », sa traduction artistique de la vie moderne : «Toute la mécanique de la vie quotidienne se base sur le système orthogonal.
Les fonctions vitales (être debout, marcher, s'étendre, se déplacer, être assis) tout ce qui concerne la structure architecturale est également basé sur ce système.
Le rythme accéléré de la vie contemporaine ayant supprimé peu à peu tous les intervalles, les formes élémentaires furent obligées d'apparaÎtre.
L'architecture engendrée par cette idée n'a plus pour exprimer son époque que la ligne droite et des plans horizontaux et verticaux. (...) C'est sur cette base, entre autres, que je m'efforçais, de faire à l'Aubette à Strasbourg un plus ample essai, afin de donner à l'élémentarisme une expression plastique.
»

www.musees-strasbourg.org

Aubette Taeuber-Arp
Aubette Escalier
Aubette Escalier
Aubette Foyer Bar